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Vous êtes sans doute nombreux comme moi, à avoir suivi de près ou de loin la course du Vendée Globe et notamment l’arrivée de Jean Le Cam le 29 janvier dernier. Une course autour du monde, en solitaire

La personnalité et l’exploit de cet homme, 61 ans, doyen de la course, classé 4ème dans cette course mythique, m’inspire à faire un parallèle entre le dirigeant, pilote de son entreprise et le sportif de haut niveau.

 

COURIR EN SOLITAIRE

Le Vendée Globe se caractérise par le fait qu’il s’agit d’une course en solitaire, sans assistance et sans escale, à bord de monocoques. 

Bien entendu, de nos jours, aucun sportif ne se lance dans une telle course sans un minimum de préparation et un accompagnement en amont, pour l’aider à gérer sa concentration, sa résistance à la fatigue et au stress notamment. S’entraîner, tous les jours, encore et encore, sans relâche. 

Mais pendant la course, le navigateur est seul, confronté à lui-même et aux éléments, à des mers parfois difficiles, à la recherche de la meilleure trajectoire pour gagner de la vitesse et plus particulièrement durant la traversée de l’hémisphère sud cette année. 

Dans un interview, Jean Le Cam précise :  » Tu es en course. Tu es concentré tout le temps…. Tu dois tout anticiper. Chaque seconde il se passe quelque chose et rien d’autre ne compte. » 

Être chef d’entreprise, c’est aussi en quelque sorte courir une course en solitaire. D’ailleurs, nombreux sont les dirigeants à connaître ce sentiment de solitude. Les prises de décisions se font souvent seul, les responsabilités légales et financières sont portées par le dirigeant. 

Pour faire face à ce sentiment, il est conseillé de bien s’entourer ou de faire appel à un coach, tout comme le sportif. Cet accompagnement peut par exemple être proposé par l’expert-comptable, qui est dans l’écoute et le conseil, tel un coach sportif.

 

ADAPTABILITÉ ET GOÛT DE L’EFFORT

Sportifs et chefs d’entreprise doivent gérer des situations semblables et partagent le goût de l’effort. 

Ils font souvent face à des situations délicates, inattendues, imprévues. 

Des situations difficiles, Jean le Cam en a connues sur cette course : pendant un mois et demi, il a navigué sur les océans, en sachant que la coque de son bateau se délaminait à l’avant. 

Face à cette difficulté, le triple vainqueur tente des réparations, «J’ai connu l’insoutenable. Je suis ici mais c’est un miracle, estime-t-il. À chaque vague, tu te demandes si ça va tenir. Et dans cette situation, si ça casse, tu coules.»

Dans des conjonctures défavorables, le chef d’entreprise doit lui aussi s’adapter, trouver des solutions, réajuster ses prévisions, les corriger, pour continuer à piloter son entreprise dans le but qu’il s’est fixé. Il s’interdit à ce que son entreprise “coule”.

La capacité à gérer le stress me semble aussi être une caractéristique commune aux deux profils. 

Le Cam a connu  » l’insoutenable » dit-il,  » stressé du matin au soir » …. avec une côte cassée ! Mais ces éléments imprévisibles ne l’ont pas empêché de finir en héros, certes au pied du podium mais avec honneur.

 

GESTION DE L’ÉCHEC ET NE RIEN LÂCHER

Les victoires et les défaites font partie de la vie de tout sportif de haut niveau. Stable sur le plan émotionnel, le sportif sait résister à la pression, gérer un échec. Il ne remet pas tout en cause suite à une défaite. Mais consciencieusement, il continue à s’entraîner, avec méthode et engagement.

De la même manière, le chef d’entreprise se remettra d’une défaite, d’un contrat perdu, d’une crise et continuera à gérer son entreprise, il trouvera des solutions sereinement pour surmonter les obstacles. 

 

Pour finir, j’aimerais partager avec vous mon sentiment d’admiration à l’égard de Jean Le Cam, qui n’a pas hésité une seconde à porter assistance et à sauver héroïquement Kevin Escoffier. Pour son acte de bravoure, il a bénéficié de 16h15 de compensation. 8ème skipper à passer la ligne, le « Roi » Jean termine finalement 4ème de cette 9ème édition. Sportif de haut niveau, à la recherche de l’exploit et de la victoire, certes, Jean Le Cam est aussi pour moi, un homme de cœur, avec un franc parlé qui met ses valeurs en action.

Et pour (vraiment) finir, je salue aussi les coureurs qui sont toujours dans la course, et qui ne sont pas encore arrivés aux Sables d’Olonne, au moment où j’écris. Eux non plus, n’ont rien lâché ! 

La victoire est certes une réussite mais la manière d’y arriver constitue à mon sens l’essentiel de l’honneur à y prétendre.

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