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Et si on éteignait la radio pour mieux écouter son entreprise ?

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Et si on éteignait la radio pour mieux écouter son entreprise ?

Par Sébastien FORGES,
Dirigeant / Expert comptable
Publié le 13 novembre 2023

Sans vouloir faire le procès des médias, le poids des mauvaises nouvelles a tendance à peser plus lourd que celui des bonnes ! Ou en tout cas, elles sont plus audibles.

Des mauvaises nouvelles, il y en a toujours eu : des guerres, de la pauvreté, des scandales, des maladies. Mais pourquoi y sommes-nous plus sensibles aujourd’hui ?

Et pourquoi ces mauvaises nouvelles impactent-elles tant le moral de la population et des dirigeants d’entreprise ? La France tousse et tout s’arrête ou du moins ralentit…

Je suis né au début des années 80… et j’ai l’impression que depuis “tout va mal”… et pourtant, regardons un peu en arrière… que d’évolutions et de révolutions !!!

En bien ou en mal, chacun aura son appréciation personnelle sur la qualité des révolutions…

Je n’ai pas de réponse à apporter à ces phénomènes sociétaux car je ne suis pas sociologue justement, mais expert-comptable. Par contre, j’échange avec mes clients dirigeants d’entreprise afin qu’ils ne se fassent pas emporter par la dramaturgie ambiante.

 

La réalité est la suivante…

Je ne vais pas faire du pro-capitalisme et parler du PIB, de la dette ou autre ratio politico-médiatique.

Par contre, je peux me faire l’écho de faits tangibles et de ce que je vis tous les jours au Cabinet. Nous savons que la France n’a jamais eu autant envie d’entreprendre. Le nombre de création d’entreprises a quasiment doublé entre 2015 et 2022. A priori 2023 ne semble pas en reste. Les projets sont nombreux mais aussi pertinents. Cela peut s’expliquer par la quête de liberté aussi bien dans ses horaires de travail, que dans l’articulation de sa rémunération. Souvent, il n’y a pas la volonté de devenir une grande entreprise, mais plutôt de travailler pour “soi” et avec les autres.

Si on écoute certains médias, on va alors entendre parler des défaillances d’entreprise en France. Des défaillances, il y en a toujours eu ! Nous sommes actuellement sur un rythme « normal » de défaillances, c’est-à-dire toujours moins qu’en 2015.

C’est ainsi que le tissu entrepreneurial s’étoffe, avec ses créations et malgré ses défaillances !

En même temps, les salariés sont aussi en quête d’une amélioration de leurs conditions de travail. Les entreprises s’efforcent d’y répondre en mettant en place une démarche de qualité de vie au travail (QVT). Les études montrent globalement une légère amélioration. Il convient cependant de mettre en adéquation ce constat avec l’accroissement de l’exigence des salariés et les changements générationnels. C’est ainsi que nous constatons que de plus en plus d’entreprises de toute taille se préoccupent de la QVT.

Également, l’écologie n’a jamais constitué une préoccupation aussi importante dans les entreprises. Les particuliers tout autant que les entreprises, ont dans leurs cartons des projets pour améliorer leur empreinte carbone.

Au-delà de ces sujets plus que d’actualité, 52 % des entreprises sont impliquées dans une démarche RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

Ces sujets de la QVT et de la RSE sont étroitement liés et impliquent inéluctablement un changement de paradigme dans les entreprises. De fait, la finalité des entreprises change au profit de l’homme.

Ceci nourrit d’ailleurs bon nombre de projets entrepreneuriaux !

 

Mais les ressources s’amenuisent…

Qu’il s’agisse de l’humain ou de la finance, les ressources deviennent plus rares.

En effet, la culture du travail évolue vers un “rééquilibrage” entre vie professionnelle et vie privée. De plus, les contraintes financières imposent aux partenaires bancaires d’être plus restrictifs dans l’octroi de crédit.

Beaucoup de secteurs d’activité souffrent de la raréfaction de la main d’œuvre. Difficile à mon niveau d’en trouver exactement les causes car, d’après l’INSEE, la population active n’a jamais été aussi importante depuis ces 15 dernières années. Par réciprocité, le taux de chômage n’a jamais été aussi faible depuis ces 15 dernières années. Toujours d’après l’INSEE, cela ne va pas s’arranger dans les prochaines années, compte tenu de la pyramide des âges. En effet, le nombre de naissances n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En même temps, la nouvelle génération est plus attentive au respect des horaires de travail et au rythme de vie. En effet, le nombre d’heures travaillées par Français plafonne depuis quelques années.

C’est ainsi que l’ensemble de ces facteurs crée une pression démographique pour les entreprises.

D’un point de vue financier, la raréfaction des “ressources” (les prêts) est-elle le fait des partenaires bancaires ? Bien sûr que non ! Par contre, les déviances des années passées des organismes financiers ont contraint les pouvoirs publics à

rigidifier les règles en matière de financement de projet. Avis aux entrepreneurs : ne pensez surtout pas que votre projet est moins bon, non ! Ce sont les règles d’octroi des prêts qui se sont durcies, car le projet ne rentre plus dans les ratios des partenaires bancaires.

Mais au-delà des banques qui financent moins “facilement”, c’est aussi l’attitude du consommateur qui évolue. En effet, l’argent des ménages n’a jamais été autant épargné. La peur du lendemain peut-être…

On en revient au titre de l’article… Ce phénomène de peur, alimenté par le poids des mauvaises nouvelles.

Nous assistons en parallèle à une stabilisation de l’endettement et on ne pressent pas d’augmentation en 2023.

En clair, la raréfaction des ressources correspond à une main-d’œuvre qui devient une denrée rare avec des exigences changeantes et du cash de précaution qui grandit…

 

Alors lutter ou s’adapter ?

Rien de politique dans mon propos, mais il est évident que nous changeons de paradigme. Les valeurs changent et les fondamentaux de demain ne sont pas ceux d’hier, ni d’aujourd’hui. Nous y sommes confrontés à toutes les générations, nous constatons bien que les fondamentaux ne sont plus les mêmes et pourtant nos jeunes d’aujourd’hui feront notre avenir. A nous de les guider, les orienter, les éduquer selon nos propres valeurs sans pour autant aller à leur encontre car personne ne sait s’ils ont tort ou raison. Le travail ne semble plus leur priorité. Mais soyons clairs ; est-ce pour autant un problème insurmontable ? Nos entreprises courent-elles à leur perte ? Je n’en suis pas certain… Nos parents ou grands-parents ne disaient-ils pas la même chose ? Eux qui n’avaient pas connu les congés payés, la semaine de 35 heures, les RTT, …

Écoutons cette nouvelle génération, notamment dans leur envie de trouver un équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle, leur volonté d’avoir de la qualité de vie au travail mais aussi d’entreprendre. A nous de leur transmettre les valeurs qui nous semblent importantes à nos yeux, et trouvons ensemble l’équilibre de vie dans les entreprises entre les générations.

Financièrement, je l’indiquais précédemment, les exigences des partenaires bancaires ont, elles aussi, changé. Et oui, les taux d’intérêt d’emprunt sont plus élevés mais non ce n’est pas “anormal”. Ne vivons pas dans la nostalgie des taux ridiculement bas des années passées.

Une entreprise a besoin d’investir pour s’adapter à son marché. Nous conseillons toujours d’emprunter lorsqu’une entreprise investit, c’est ainsi pour elle une question de survie. Les banques restent des partenaires incontournables pour emprunter. Les entreprises qui luttent et s’obstinent dans un marché devenant obsolète et donc qui retardent trop leurs investissements prennent le risque de disparaître car d’autres acteurs continuent à rentrer sur le marché. N’oublions pas que nous sommes dans une dynamique entrepreneuriale forte… Bien sûr, il y a des exceptions, des niches, qui font que certaines entreprises traditionnelles et conservatrices subsistent, mais elles restent rares.

 

Et donc, écouter et ne pas s’obstiner !

Pourquoi céder à la course à la taille et avoir la plus grande… la plus forte… et succomber à la course à l’égo.

Ah ! l’égo. Petite parenthèse sur l’égo. C’est clairement un phénomène bien présent aujourd’hui dans notre société. Permettez-moi un conseil : écoutez son entreprise mais pas son nombril. Ca paraît évident, mais à force de le regarder, on risque de tomber. Ego rime irrémédiablement avec obstination et aveuglement. En regardant loin devant soi et vers les autres (ses clients, ses collaborateurs, ses partenaires, le marché), l’entrepreneur, même s’il sort de sa zone de confort, prend en réalité moins de risques.

Donc écoutons les salariés de l’entreprise de toute génération. Soyons attentifs aux besoins de la nouvelle génération. C’est une des missions du dirigeant. Sortons d’une relation verticale et allons davantage vers des prises de décisions participatives ; l’entreprise s’en trouvera grandie par l’investissement décuplé de son personnel.

Écoutons les salariés, même s’ils semblent constamment connectés sur leur téléphone, ils sont réellement tournés vers les autres.

Et pas seulement vers les autres, mais aussi vers les nouvelles technologies.

Profitons-en pour penser évolution technologique, intelligence artificielle, nouveau créneau de distribution, nouvelle méthode de distribution, nouveau marché, …

Donc écoutons nos partenaires bancaires et continuons d’investir dans la mesure du possible dans nos entreprises afin d’assurer la continuité des exploitations. Parfois, il est aussi intéressant de poser un diagnostic sur ses forces et ses faiblesses et connaître les axes d’investissement pertinent ou de réorientation stratégique.

En écoutant à trop grande dose les actualités et en vous exposant à une certaine « sinistrose” ambiante, vous vous exposez à un climat négatif et le transposez inévitablement à votre entreprise.

La puissance du son et la répétition de l’information en font-elles une information importante ? Nous l’avons tous vécu, nous entendons dix fois la même information dans la journée, nous pensons qu’elle est importante, voire grave, car le sujet en est souvent négatif.

Alors comment faire pour ne pas se laisser impacter par les mauvaises nouvelles, par le négatif ?

Tout simplement en concentrant son énergie sur son entreprise, sur l’écoute de ses collaborateurs, de ses clients, de son marché. Les autres informations deviendront tout naturellement moins audibles.

Rien d’utopique dans le propos car cela ne suggère aucunement que la réussite de son entreprise en sera plus facile. Par contre, éteindre les informations et écouter son entreprise n’est pas bien compliqué.

Vous pouvez d’ailleurs compter sur votre expert-comptable pour vous apporter un regard objectif sur votre entreprise. Alors n’hésitez pas à le solliciter, lui et son équipe pour vous aider à poser un diagnostic.

Et gardez tout de même un petit œil sur l’actualité pour ne pas être totalement déconnecté.

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