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Vous avez un salarié suspecté ou testé positivement au coronavirus dans votre entreprise ? Comment réagir par rapport aux autres salariés entrés en contact avec lui ? Qu’est-ce qu’un « cas contact » ? Comment l’identifier ? 

Après la prise en charge du salarié symptomatique (cf. notre article), en tant qu’employeur, vous devez dresser une liste permettant de retracer les cas contacts en entreprise afin de casser les chaînes de contamination et ainsi limiter les risques de propagation du virus. En effet, « le contact-tracing a pour objectifs de limiter au maximum la diffusion du virus à partir des nouveaux cas, de détecter et de briser prospectivement les chaînes de transmission le plus rapidement possible et de détecter d’éventuels épisodes de cas groupés en vue de leur investigation et leur contrôle ».

 

Quelles sont les étapes du « Contact-Tracing » ?

DÉTERMINER LES « CAS CONTACTS »

C’est l’étape initiale indispensable pour appréhender le risque de transmission du virus. En l’absence de mesure de protection efficace pendant toute la durée du contact, un « cas contact » est toute personne :

  • Ayant partagé le même lieu de vie que le cas confirmé ou probable ;
  • Ayant eu un contact direct avec un cas, en face à face, à moins d’1 mètre, quelle que soit la durée (ex. conversation, repas, accolades, embrassades). En revanche, des personnes croisées dans l’espace public de manière fugace ne sont pas considérées comme des personnes-contacts à risque ;
  • Ayant prodigué ou reçu des actes d’hygiène ou de soins ;
  • Ayant partagé un espace confiné (bureau ou salle de réunion, véhicule personnel …) pendant au moins 15 minutes avec un cas ou étant resté en face à face avec un cas durant plusieurs épisodes de toux ou d’éternuement ;
  • Etant élève ou enseignant de la même classe scolaire (maternelle, primaire, secondaire, groupe de travaux dirigés à l’université) qu’un cas confirmé ou probable.

Sont également « cas contacts », les salariés ayant reçu des projections (toux ou éternuement) de la part du malade, quelle que soit la durée d’exposition.

En revanche, les personnes croisées dans les espaces communs ou les collègues de travail indirects ne sont pas considérés comme « cas contacts ».

 

INVESTIGATION DANS LES 48 HEURES

Dès lors qu’il y a suspicion d’un cas, vous devez recenser les personnes avec lesquelles le salarié suspecté ou avéré à la COVID-19 a été en contact dans les 48 heures précédant l’apparition des premiers symptômes. Pour cela : 

  • Indiquez la date, les horaires de travail, le poste occupé, les tâches effectuées… du salarié malade.
  • Remplissez le plus rapidement possible avec le salarié suspecté ou avéré à la COVID-19 un questionnaire permettant de retracer les potentiels risques de contamination.
  • Avec l’accord du salarié malade, diffusez son identité afin de réaliser l’investigation auprès des contacts possibles au sein de l’entreprise. 
  • Listez les salariés ou les intervenants extérieurs ayant pu être en contact avec le salarié malade. 
  • Demandez aux contacts possibles de compléter un questionnaire permettant de déterminer si le cas contact devient un « cas possible ».

Vous pouvez également contacter la médecine du travail qui pourra vous aider à établir la liste des sujets contacts et à prendre les décisions concernant les mesures d’éviction éventuelles pour ces salariés. 

De son côté, lorsque le salarié présente des symptômes ou si son test est positif, il identifie dans un premier temps avec son médecin traitant, les personnes avec lesquelles il est entré en contact récemment. L’Assurance Maladie le contactera pour confirmer ou compléter cette liste puis contactera et accompagnera ces personnes pour qu’elles s’isolent, surveillent leur état de santé et se fassent tester à leur tour. 

D’ailleurs, compte tenu de la dégradation de la situation sanitaire, l’Assurance Maladie déploie actuellement de nouvelles modalités de prise contact afin de pouvoir continuer à informer rapidement les cas contacts. En effet, dans son dernier article publié le 23 octobre dernier sur le site ameli.fr, l’Assurance Maladie indique que :

  • « Pour les personnes positives à la Covid-19 (les « patients zéro »), l’Assurance Maladie continue de téléphoner à ces patients afin d’obtenir la liste de leurs contacts ;
  • Pour les cas contacts, l’Assurance Maladie invite par mail les personnes contact de 18 ans et plus détentrices d’un compte ameli à consulter leur messagerie ameli pour y trouver toutes les informations utiles (confirmation de leur statut de cas contact, règles à suivre concernant le dépistage, l’isolement ou l’arrêt de travail, numéro à appeler pour toute question).
    Ces mails sont doublés d’une relance par SMS informant les personnes concernées qu’elles ont reçu un message. Parmi ces personnes, celles qui n’auraient pas consulté leur messagerie ameli, sont contactées par téléphone dans les 24 heures par les enquêteurs sanitaires ».

Enfin, lorsqu’il y a apparition d’un cluster dans votre entreprise, vous devez alerter l’Agence régionale de la santé (ARS) et l’inspection du travail et suivre leurs consignes. On considère qu’il y a un cluster, lorsque plus de 3 contaminations sur 7 jours dans l’entreprise ont été diagnostiquées. Cela nécessite la coopération de tous pour enrayer la progression de l’épidémie. 

Pour plus d’informations, vous trouverez en lien téléchargeable, Covid-19 : conseils et bonnes pratiques pour l’employeur

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